Boivin chez Aguttes : de Belperron à MCB en 6 bijoux

La maison Aguttes, en plus de proposer des ventes joaillerie de grande qualité, devient la référence en matière de bijoux de René Boivin. L’histoire de cette Maison est déjà fascinante. René Boivin nait en 1864 au sein de famille de drapier, il créé en 1890 sa joaillerie. Il épouse la sœur du célèbre couturier Paul Poiret et décède en 1917. Dès lors sous ce nom d’homme, la Maison va vivre grâce aux femmes. La sienne Jeanne, puis sa fille Germaine et surtout les 3 stylistes qui vont se succéder jusqu’à la vente au groupe Asprey qui la fera disparaître en 1991. Pendant toutes ces années, les stylistes de la Maison vont travailler sous la marque René Boivin sans autre reconnaissance que leur talent qui remplit le carnet de commande de clients fidèles, friands de l’originalité du design joaillier et des matériaux.

Ces créatrices géniales sont : Suzanne Belperron, Juliette Moutard et Marie-Caroline de Brosses. Dans les ventes d’Aguttes, Philippine Dupré La Tour, Directeur Associé, prend à cœur de faire reconnaitre la patte individuelle de chacune au-delà de l’absence de signature. Ainsi, les collectionneurs se passionnent-ils de plus en plus pour ces bijoux et les enchères grimpent, hommage enfin rendu au talent de chacune.

Ainsi dans la dernière vente le lot 123 et le lot 81 ont-ils pu être sans l’ombre d’un doute attribué à Suzanne Belperron.

Ces bijoux dégagent la force et l’indépendance de leur créatrice. Leur bombé exsude la féminité, alors que leur forme affirmée signe le caractère sans concession et sans influence extérieure de Suzanne Belperron.

Le lot 124 peut être attribué à Juliette Moutard puisque cette bague date de 1965. En effet, celle-ci entre chez René Boivin en 1933 et en sortira vers 1970.

On remarque que la continuité de style est assurée grâce à une épure caractéristique de la maison, bien que Juliette Moutard ait arrondi les angles et adoucit la ligne, comme son caractère que tout le monde qualifiait de discret devait l’y inciter.

Le lot 127 et 128 est de Marie-Caroline de Brosses. Dernière femme de la vie de la Maison René Boivin.

Elle crée les boucles d’oreille (lot 127) en 1973. Inspirée d’un papier peint « modern art », les anneaux d’ébène alternent avec ceux en or de façon symétriquement disparate. Le même subtil design anti-organisé se retrouve dans le bracelet (lot 128) dont le bois est de santal. L’attention aux détails se remarque dans le système de fermeture qui charmerait à coup sur Anna Tabakhova (auteur de « Le Fermoir en bijouterie, 4000 ans d’histoires »).

On retrouve ainsi cette liberté créatrice et cette force de caractère symptomatiques à la fois de la marque René Boivin et de Marie-Caroline de Brosses, directrice de la maison dès ses 21 ans !

La valeur n’altérant pas avec les années, à la fin de l’aventure René Boivin, Marie-Caroline de Brosses crée sa propre griffe MCB et cette fois l’identification des bijoux est immédiate. Les lots 129 et 130 portent la signature de leur créatrice.

Dans cet ensemble « Lierre », la paire de boucles d’oreille est asymétrique (un pendant d’un côté et une seule feuille de l’autre) dans un porté extrêmement novateur pour les années 1990 où elle a été créée. Elle forme avec la bague une réinterprétation des codes de l’Art Nouveau en intégrant les techniques de l’émail typique de ce style, assortie d’une franchise des couleurs qui se télescopent dans leur complémentarité (émail vert et saphirs violets). Ceci clame la liberté qu’à toujours montré Marie-Caroline de Brosses dans ses créations, …enfin reconnue !

www.aguttes.com

Merci à Olivier Baroin

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